Le mal, lui, s'apparente à un gaz : il n'est pas facile à voir, mais il est repérable à l'odeur. Il est le plus souvent stagnant, réparti en nappe étouffante; on le croit d'abord inoffensif à cause de son aspect - et pluis on le voit à l'oeuvre, on se rend compte du terrain qu'il a gagné, du travail qu'il a accompli - et on est terrassé parce que, à ce moment-là, il est déjà trop tard. Le gaz, ça ne s'expulse pas.
Je lis dans le dictionnaire : " Propriétés des gaz : expansibilité, élasticité, compressibilité, pesanteur. " On jurerait une description du mal.
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# Online seit Mittwoch, 16. Dezember, 2009 um 09:42

Tout a débuté il y a huit mois. Je venais de vivre un chagrin d'amour si bête qu'il vaut mieux ne pas en parler. A ma souffrance s'ajoutait la honte de ma souffrance. Pour m'interdire une telle douleur, je m'arrachai le coeur. L'opération fut facile mais peu efficace. Le siège de la peine restait, qui logeait partout, sous et sur ma peau, dans mes yeux, mes oreilles. Mes sens étaient mes ennemis qui ne cessaient de me rappeler cette stupide histoire.
Je décidai alors de tuer mes sensations. Il me suffit de trouver le commutateur intérieur et de basculer dans le monde du ni-chaud-ni-froid. Ce fut un suicide sensoriel, le commencement d'une nouvelle existence.
Dès lors, je n'eus plus mal. Je n'eus plus rien. La chape de plomb qui bloquait ma respiration disparut. Le reste aussi. J'habitais une sorte de néant.
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# Online seit Mittwoch, 16. Dezember, 2009 um 09:36